Il ne peut pas y avoir de présentations des faits biaisées comme cela peut arriver lors des conflits armés, sur des zones de guerre. Il y a donc une raison pour laquelle les marronniers soient aussi chéris par les rédactions: tout comme l’actualité locale, les marronniers sont des sujets qui intéressent le public. On y a droit dans tous les JT. Noël est là. Comme l’explique  Laurence Mayerfeld, directrice de France 3 Nouvelle-Aquitaine : « La colonne vertébrale de cette chaîne c’est l’information en région, on ne l’oublie pas. On peut également citer les « serpents de mer », sujets non saisonniers — sur des thèmes sociétaux, historiques (au gré des innombrables commémorations possibles), scientifiques, etc., quand ce n'est pas purement anecdotique — et néanmoins régulièrement traités[3]. Il n’y a donc pas besoin de double, voire de triple, confirmation des faits puisque ceux-ci peuvent être confirmés visuellement. Mais ce n’est pas forcément une difficulté pour les rédactions. La première baignade. https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Marronnier_(journalisme)&oldid=175211355, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence. Comme le souligne Jespers, il y a également une dimension relative à l’affect: le marronnier ancre son sujet dans la saison et convoque ainsi tous les souvenirs et sentiments relatifs à la période dans laquelle il se déroule. Crier (encore) au terroriste, sans preuves, Journalisme de télévision: Enjeux, contraintes, pratiques. Et s’ils me voient dehors m’envolant, cela les convaincra qu’il ne faut pas qu’ils fassent la même chose que moi.«. La neige rappelle les heures passées à faire de la luge du ski ou des batailles de boules de neige et les embouteillages font resurgir les souvenirs de la route des vacances, immergeant le lecteur/consommateur dans le sujet. À la différence des chaînes américaines. « Intempéries : des stations de ski doivent fermer ». Pourquoi est-il plus difficile de monter une pente à vélo qu’à pied ? Pourquoi ne comprend-on rien quand deux personnes parlent en même temps à la radio ? Le marronnier fonctionne car il fonctionne sur le supposé « concernant journalistique » et l’affect du public, plus à même à se laisser immerger par le récit. Peu d’efforts sont mis en oeuvre dans leur réalisation car justement le public est réceptif mais aussi car les angles ont été utilisés jusqu’à la corde et il n’y a rien de nouveau à dire. Dieu existe-t-il ? Les uns pour s’en réjouir, les autres pour regretter l’Ancien Régime, selon les titres et les époques, mais tous prenaient prétexte de la floraison du marronnier pour publier leur article. En prévision du 31, je vous promets : comment éviter la gueule de bois ?. Si BFMTV a réussi à montrer de la retenue dans cet aspect-là, ces témoignages illustrent parfaitement à quel point le duplex lors des JT est devenu obligatoire, avec les raisons citées : « il faut du visuel à la télévision » et « on a toujours procédé ainsi ». Mais ces raisons ne sont pas suffisantes: quand une chaîne impose un duplex à son ou sa journaliste un dimanche soir pour parler de fortes pluies ou d’embouteillages (poussant le vice jusqu’à envoyer ces journalistes prendre part à ces mêmes embouteillages) alors que le reportage du/de la journaliste sur place a été diffusé pour témoigner de la météo ou de la circulation routière juste avant sa prise de parole, quel est l’intérêt ? Pourquoi c'est toujours la file d'à-côté qui avance plus vite . Le widget de texte permet d’ajouter du texte ou des balises HTML à n’importe quelle colonne latérale de votre thème. Mis à jour le 26/12/2015 | 12:57publié le 26/12/2015 | 04:40. Mais ce talent ressortit davantage à l’art du scénariste ou du metteur en scène qu’à celui du journaliste. Ce n’est pas qu’une impression, c'est la réalité. C’est un sujet qui « parle » aux lecteurs/téléspectateurs qui sont censés se sentir concernés par le sujet traité. « Météo : alerte orange neige et verglas en Ile-de-France ». Le tout avec une valeur ajoutée informative quasiment nulle car les sujets se résument souvent à des séquences très visuelles ou de nombreux micro-trottoirs. Quand le New York Times questionne ces méthodes, un correspondant de la chaîne américaine CBS répond ceci: « La télévision repose, en partie, sur la preuve visuelle. L'évocation de moments et de sentiments partagés par un large public permet de renforcer le lien avec celui-ci sans risque de choquer[8]. Les francs-maçons. Le marronnier permet de rester proche des lecteurs et d'en attirer sans cesse de nouveaux, en traitant des sujets qui rythment leur quotidien[7]. *Image d’en-tête inspirée de « L’Hebdomator », le générateur de marronniers par Libération. Et dans la presse, on a eu droit aux retardataires des courses de Noël, ou : comment faire un repas de fête pas cher ? Stratégie éditoriale : misez sans hésiter sur les marronniers. Le marronnier est donc un exemple parfait de meublage télévisuel car il occupe de la place mais ne dévoile rien de nouveau sur le thème. Il y aurait bien une solution : arrêter de donner autant de temps à des sujets aussi peu importants et intéressants mais le marronnier est une manne trop substentielle pour les rédactions pour ne pas être abordée et tant pis si des sujets plus importants sont relégués plus bas dans la hiérarchie de l’information. Chaque année, au printemps, l’arbre fleurissait au-dessus des tombes. C’est ainsi que les sujets se répètent d’une année sur l’autre, à tel point que l’on pourrait très bien rediffuser un reportage tourné il y a trois ans sur le sujet et personne ne s’en rendrait compte. Les Pourquoi. « Plan grand froid : la France s’organise pour loger les plus précaires ». Comment perdre 3 kg avant l’été ? Pourquoi les ballons de basket sont-ils orange ? Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) Son équivalent anglophone est le terme evergreen, « [à feuilles] persistantes »[1]. Le marronnier est un type particulier dans les sujets traités par les journalistes car le sujet s’impose de lui-même à l’agenda en fonction de la période de l’année; il ne requiert pas beaucoup d’imagination ou de travail d’investigation. Le « plan grand froid », qui est le dernier dans l’ordre de diffusion, est sans doute celui qui interpelle le plus les téléspectateurs car les confrontant à des situations diverses de misère. C’est une thématique routinière. Le marronnier est un sujet facile à faire, pertinent une fois par an, et concerne beaucoup de monde: il est donc fort apprécié par les rédactions, y voyant un moyen simple de capter un public sans trop de difficultés. Un sujet qui a été tellement de fois traités que les journalistes qui doivent réaliser le reportage sont à court de nouvelles questions à poser et de choses nouvelles à montrer à l’écran. Beaucoup de gardes suisses seront enterrés au jardin des Tuileries, sous un gros marronnier rose. Noël est là. Les aliments anti-cancer. Le tout dans la limite de la mise en danger de nos journalistes évidemment. modifier - modifier le code - modifier Wikidata. *, Voir tous les articles par Pierre Labainville, Ceci est un widget de texte. La dernière modification de cette page a été faite le 2 octobre 2020 à 01:44. Il n’y a pas besoin d’appliquer l’éthique journaliste qui serait la bienvenue sur des zones de conflit à des situations concernants des intempéries. Le nom-même du « marronnier » provient de la thématique d’articles qui étaient dédiés à la floraison d’un marronier à fleurs rouges sur la tombe de Gardes Suisses tués le 10 août 1792, une autre date fatidique dans l’histoire de la Révolution Française. Tous les ans, aux premiers jours du printemps, un marronnier à fleurs rouges fleurissait sur la tombe des Gardes suisses tués lors de la journée du 10 août 1792, dans les jardins des Tuileries à Paris ; et tous les ans un article paraissait dans la presse pour s'en faire l'écho[6]. Les Pourquoi. Les Pourquoi. La première rentrée des classes en maternelle. » de septembre 2017 met en lumière une pratique journalistique étrange : le duplex obligatoire même dans des conditions climatiques dangereuses. selon les recommandations des projets correspondants. Nos journalistes ont aussi fait des duplex depuis leur chambre d’hôtel, pour montrer à quel point l’eau s’était aussi infiltrée.«. », — Journalisme de télévision: Enjeux, contraintes, pratiques (page 45). Certains sont justifiés. Avec un ton sarcastique, c’est ce que critique en filigrane un journaliste de France 3 quand il doit réaliser un reportage sur les marchés de Noël en 1987: Un sujet qui a été tellement de fois traités que les journalistes qui doivent réaliser le reportage sont à court de nouvelles questions à poser et de choses nouvelles à montrer à l’écran. Irma: a-t-on vraiment besoin de voir des journalistes en duplex sous la pluie? J’avais écris le 16 janvier dernier un article consacré à l’inéptie d’un JT de France 3 de la veille. Marronnier Dans l'argot journalistique, le marronier est un sujet qui revient de façon cyclique au fil des saisons (comme les feuilles des arbres). Comment passer le temps dans les embouteillages du mois d’août ? La récurrence du thème de la franc-maçonnerie dans la presse hebdomadaire est à cet égard un véritable cas d'école[4],[5]. filigrane un journaliste de France 3 quand il doit réaliser un reportage sur les marchés de Noël en 1987: à l’inéptie d’un JT de France 3 de la veille, Les obsessions maçonniques des hebdomadaires (suite), Une télé 100 % régionale : le grand projet de France 3. Pourquoi les footballeurs de Saint-Etienne sont-ils appelés Les Verts ? Le marronnier possède une double utilité pour les rédactions: il a l’avantage d’être facile à trouver et traiter, ce qui meuble facilement du temps d’antenne ou de l’espace sur les pages d’un quotidien ou hebdomadaire mais le marronnier a également l’avantage d’être un sujet dit « concernant ». Imaginer une prémisse et un angle originaux pour un marronnier représente pour un journaliste un test de « talent » télévisuel, auquel bien peu satisfont avec éclat. L'actualité baisse d'un cran, c’est la trêve des confiseurs, comme on dit, politique ou sportive. La parole du ou de la journaliste n’est pas en jeu. Par exemple : les augmentations du 1er janvier. Un article de L’Express intitulé « Irma: a-t-on vraiment besoin de voir des journalistes en duplex sous la pluie? A l’image du duplex lors de séquences consacrées aux intempéries, les méthodes ne changeront jamais car elles sont les mêmes depuis le début. Les articles dédiés à cette floraison annuelle ont été tellement récurrents qu’ils ont donné un nom à cette pratique journalistique. C’est justement ce qu'on appelle un "marronnier" en journalisme. L’article cite également Hervé Béroud, directeur de la rédaction de BFMTV: « Ces directs servent à montrer ce qu’il se passe. Parmi les marronniers les plus célèbres, on peut citer les articles concernant les soldes, le marché de l'immobilier, les départs en vacances, la rentrée scolaire, les fêtes de fin d’année, la météo ou encore les embouteillages[2]. Les Pourquoi. Un marronnier en journalisme est un article ou un reportage d'information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Bien que peu, voire pas du tout, originaux les sujets dits « concernant » comme les marroniers amènent tout de même un public conséquent et les média l’ont vite remarqué. Les sujets « débattus » dans un marronnier sont souvent simplistes, parfois mièvres. « Intempéries en Corse : sous la neige, des habitants privés d’électricité ». A moindre coût, le marronnier permet d’accrocher son lecteur/téléspectateur car les thématiques sont censées affecter beaucoup de monde, au même titre que la météo. Attention : tous les papiers publiés à date fixe ne sont pas de vulgaires marronniers. Implicitement, ces sujets expriment l’intérêt des média pour leur public, ou du moins, c’est l’interprétation que les média aimeraient qu’on en fasse. Modifiez-les dans la section Widget de l’. C’est ce qu’explique Jean-Jacques Jespers dans Journalisme de télévision: Enjeux, contraintes, pratiques (2009) : « Les directions des chaînes affectionnent ces sujets car ils évoquent des moments et des sentiments partagés par le plus grand nombre et créent, par conséquent, des occasions de renforcer la connivence entre la chaîne et son public, sans risque de choquer qui que ce soit. Un reportage montrant de la neige pendant plusieurs minutes n’a pas besoin d’être suivi par un duplex expliquant qu’il y a toujours de la neige. La première neige. Jespers du journaliste « marronnier » avec le metteur en scène: il faut savoir présenté un sujet connu sous toutes les coutures de manière nouvelle et originale. L'actualité baisse d'un cran, c’est la trêve des confiseurs, comme on dit, politique ou sportive. On ne doute pas de la présentation des faits quant aux chutes de neiges. Si le visuel est si important que ça, qu’apporte le duplex d’un-e journaliste répétant plus ou moins exactement ce qui a été dans son reportage ? Le journalisme de proximité trouve son public. Les niveaux d’audience sont toujours remarquables, cela dit tout l’attachement que les populations ont à leur territoire.«. Mais "Le secret des francs-maçons" quatre fois par an depuis 30 ans, ce n’est plus un secret. On essaie de montrer concrètement l’intensité de ce qu’il se passe, et de se mettre à l’abri quand cela devient trop dangereux. Les Pourquoi. Et dans la presse magazine : le salaire des cadres. Un marronnier en journalisme est un article ou un reportage d'information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible. Exemples : les prix de l'immoblier, la rentrée des classes, le … Mais pour le reste, il s’agit surtout d’habillage, de variations autour d’un thème, ce qui revoie à la comparaison de Jean-Jacques Jespers du journaliste « marronnier » avec le metteur en scène: il faut savoir présenté un sujet connu sous toutes les coutures de manière nouvelle et originale. La neige en hiver, la chaleur en été, la rentrée des classes, le pollen au printemps, les embouteillages lors des grandes vacances ou les soldes… Voici une liste non-exhaustive des sujets qu’on l’on pourrait qualifier de « faciles » pour les rédactions de JT ou de revues papier. Les sujets « débattus » dans un marronnier … Ça c’était pour le 24 décembre ; puis le 25 : La revente des cadeaux. Le marronnier n’a quasiment aucune valeur informative, se limitant à des interventions de passants et des séquences visuelles. Chaque année, au même moment, les journaux publiaient des articles qui rappelaient cette fameuse journée du 10 août. Ces sujets faciles sont ce qu’on appelle des « marronniers »; c’est à dire des sujets récurrents, traités d’une année sur l’autre, car cycliques par nature. Le marronnier est une habitude journalistique quasiment immuable peu prompte aux changements, même quand ces changements seraient plus logiques. Vous voulez convaincre les gens que ce qu’ils voient est réel et que cela a de l’importance. L’autre point abordé par Jean-Jacques Jespers est que ces média jouent également sur l’affect puisqu’ils donnent une impression de proximité avec son public en traitant un sujet lié aux problématiques de la vie quotidienne. Pourquoi dans la presse appelle-t-on un marronnier un "marronnier" ? Comme l’explique cet article du quotidien régional La Nouvelle République dans l’article « Une télé 100 % régionale : le grand projet de France 3« , France 3 a pour projet de lancer une chaîne qui se focalisera entièrement sur les actualités locales. Le marronnier est … Vous pouvez l’utiliser pour afficher du texte, des liens, des images, des balises HTML ou une association de ces éléments. Dans cette édition, le thème de la neige avait pu être décliné en quatre parties : Ces quatre sujets ont occupé 6 minutes de temps d’antenne sur un total de 28 minutes, soit  21.43 % de la longueur du 19/20. Le visuel n’explique pas tout.